Vous conduisez à ses rendez-vous, vous gérez les ordonnances, vous appelez le soir pour savoir comment s'est passée la journée.
Cette journée est faite pour vous : elle rappelle que ce que vous faites a un nom, et qu'il existe des aides.
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Chaque année, le 6 octobre, la France célèbre la Journée nationale des aidants. La première édition a eu lieu le 6 octobre 2010, à Paris et en région. L'idée était simple : donner un visage à celles et ceux qui accompagnent, au quotidien et sans être payés, un parent, un conjoint, un enfant ou un voisin que l'âge, la maladie ou le handicap ont fragilisé.
Cet article a été écrit à cette occasion. Il ne cherche pas à vous dire que vous êtes formidable (vous le savez peut-être, ou vous n'avez pas le temps d'y penser). Il veut vous donner sept gestes concrets, que l'on peut faire cette semaine.
Les chiffres varient selon la façon de compter. Le baromètre des aidants de la Fondation APRIL, réalisé avec l'institut BVA, estimait en 2016 qu'environ 11 millions de personnes apportent régulièrement et bénévolement une aide à un proche en France, soit à peu près un Français sur cinq. D'autres estimations, plus restrictives, ne comptent que les aidants qui accompagnent une personne dépendante au quotidien, et donnent des chiffres plus bas.
Ce que le même baromètre soulignait surtout : 69 % des personnes concernées ne se considéraient pas comme aidantes. On se dit « je fais ce qu'il faut pour ma mère », pas « je suis aidant ». Or tant qu'on ne se reconnaît pas comme tel, on ne demande pas d'aide, on ne cherche pas ses droits, et on s'épuise seul.
Chiffres anciens : à prendre comme un ordre de grandeur, pas comme une statistique de 2026.
Imaginons Karim, 52 ans, qui vit à Lyon. Sa mère, 81 ans, habite à deux heures de route. Sa sœur est à Marseille, son frère à l'étranger. Depuis la chute de leur mère au printemps, Karim répond à tout : les appels de l'infirmière, le renouvellement des ordonnances, les rendez-vous chez le cardiologue.
Il n'a jamais décidé d'être « le responsable ». C'est arrivé parce qu'il décrochait toujours le téléphone. Sa sœur et son frère ne se désintéressent pas de leur mère, mais ils ne savent pas ce qui se passe, donc ils ne savent pas quoi faire.
C'est une histoire très courante. Les sept gestes qui suivent sont ceux qui changent ce genre de situation.
C'est le plus simple et le plus décisif. Si vous aidez régulièrement un proche pour les actes de la vie quotidienne, les démarches, les déplacements ou les soins, vous êtes un proche aidant. Cela ne veut pas dire que vous devez tout porter. Cela ouvre l'accès à des droits et à des services, que l'on ne demande pas quand on ne se reconnaît pas dans le mot.
Dans beaucoup de familles, une seule personne sait tout. Le jour où elle est malade, en vacances ou débordée, plus personne ne sait rien.
Cette semaine, essayez ceci :
Pour aller plus loin sur la répartition entre frères et sœurs, lisez notre article sur le planning partagé.
La charge mentale de l'aidant vient beaucoup du fait que tout est dans sa tête : la date du prochain rendez-vous, le nom du traitement, le numéro de l'infirmière. Un seul endroit partagé, consulté par toute la famille, suffit à transformer la situation :
Vous pouvez le faire avec des outils simples (un agenda partagé, un dossier partagé). Cercle d'Amour regroupe ces trois éléments, avec des alertes, dans une application pensée pour les familles.
Beaucoup d'aidants ignorent qu'ils peuvent être indemnisés quand ils réduisent ou arrêtent temporairement leur activité. Voici les points à connaître, d'après le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr (page mise à jour en janvier 2026) :
Les montants et les conditions évoluent. Vérifiez-les sur le site officiel ou auprès de la CAF avant toute démarche.
Ma Boussole Aidants est une plateforme en ligne gratuite qui aide les aidants à trouver leurs droits, les aides financières, les solutions de répit et les structures près de chez eux. Son annuaire recense plus de 61 500 structures locales, et elle propose aussi des webinaires et des cafés thématiques. C'est un très bon point de départ si vous ne savez pas par où commencer.
Le répit n'est pas un luxe. Accueil de jour, séjours de répit, relais à domicile, groupes de parole, cafés des aidants : ces solutions existent, souvent près de chez vous, mais elles sont rarement demandées avant la crise. Renseignez-vous auprès du centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune de votre proche, auprès du département ou sur Ma Boussole Aidants. Une conversation de dix minutes avec un professionnel suffit pour savoir ce qui est disponible.
Pas de grandes phrases. Trois choses simples :
Pas besoin de tout faire. Choisissez un geste :
Le 6 octobre rappelle que les aidants existent. Le reste de l'année, c'est l'organisation qui fait la différence. Et vous n'êtes pas obligé(e) de la construire seul(e).
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